Patrouille_de_MeharistesPour s’attirer la sympathie des populations et gagner leur confiance, le Général Laperrine, réussit à faire aboutir un projet déjà ébauché mais que son expérience lui permit de remanier. Sur son initiative, les Tirailleurs et les Spahis sahariens sont remplacés par des unités nouvelles, encadrées par des officiers des Affaires indigènes et composées de nomades sahariens recrutés sur place, tenus de pourvoir eux-mêmes à leur nourriture, à leur vêtement et à leur remonte. Ces compagnies méharistes sont devenues Les Compagnies Sahariennes (1902-1952). Ainsi, de jeunes nomades chaâmbas en quête de travail ont été enrôlés en masse. Un fusil et une solde, ils n'en demandaient pas plus.Tirailleurs___El_Oued_en_1901


   En outre, Il avait pu améliorer le sort des populations misérables par la création et l'aménagement de points d'eau, la création d'écoles et d'infirmeries.


 Officiers_et_GoumiersL’administration politique et administrative du Souf est le résultat d’un compromis entre un désir d’assimiler une population restée  attachée à sa religion et à ses coutumes ancestrales et la reconnaissance de son originalité. A aucune période, les autorités françaises n’ont porté atteinte à la liberté cultuelle ou aux droits des populations autochtones demeurées soumises au droit musulman et à ses traditions. En outre, les autorités françaises ont tenu à marquer aux anciennes familles les égards qui leur sont dus. La justice est musulmane avec une Mahakma de Cadi jugeant en première instance et des Madjelès comme tribunaux d’appel. Cette justice gratuite et rapide où seuls des Oukîls musulmans pouvaient représenter les parties est parfaitement adaptée aux conditions sociales de la population locale. En réalité, le Souf était gouverné par des chefs locaux sous l'autorité de fait de l'administration française.


 Bordj_Administratif_d_El_OuedComme dans toutes les  oasis du Sud ou de l'extrême Sud, la population du Souf n’a pas connu les frustrations et les exactions subies par les populations du Tell de la part des colons. En effet, dans le Sahara ou dans la steppe, le colon n’a jamais pu remplacer le pasteur nomade ou le fellah traditionnel. Dans ces contrées, aucun village de peuplement colonial n’a vu le jour et aucune politique de cantonnement ou de dépossession foncière n'a été pratiquée. Les Souafas sont restés propriétaires de leurs terres et de leurs palmeraies dont ils avaient la jouissance permanente et traditionnelle.


   Tirailleurs___El_Oued_en_1901__la_marche_dans_le_d_sertEntre la population et les autorités françaises s’est constituée une classe d’intermédiaires à la fois porte-paroles de leurs coreligionnaires auprès des français et auxiliaires auprès de ces derniers. A ce souci d’utiliser les élites, souvent humble d'origine, s’ajoute celui de faire accéder les autochtones à tous les échelons des emplois. Pour mener à bien cette  politique, d’énormes  efforts de scolarisation ont été déployés. Ainsi, pour empêcher l'installation de concurrents et garantir l'intérêt économique, on cherchait à utiliser les élites locales en les insérant dans l'administration locale.

   Capitaine_Cauvet_et_les_Goumiers_en_1900La politique de francisation instructive ne débaptisa pas les villages qui gardèrent leurs noms d'origine; et ne dépersonnalisa pas, non plus, la population demeurée fidèle à ses traditions. La création de l'état civil  aboutit à doter la population musulmane de noms patronymiques nouveaux qui finalement s'imposèrent.