B/ LA SANTE PUBLIQUE

 

 Comme pour la scolarisation, l’assistance médicale fut l’une des premières préoccupations des autorités françaises qui ont mobilisé des médecins militaires pour soigner les populations.

   Les affections les plus fréquentes concernaient particulièrement les maladies oculaires ( trachome, conjonctivite…), maladies endémiques et difficilement évitables dans les zones désertiques.

  D’autres affections : la teigne du cuir chevelu, les maladies pulmonaires et la gastro-entérite sont soignées avec succès.

   Tous les moyens étaient mis en œuvre pour accéder aux zones les plus lointaines. Des centres de santé et des infirmeries ont été réalisés;  des véhicules ont été aménagés pour assister les populations et  les nomades isolés.

  Dès 1908, il a été crée une infirmerie à El-Oued où un toubib détaché de l’Armée prodiguait  les soins médicaux aux civils malades, tandis que des campagnes de vaccination sont menées par des soldats-citoyens.

  De 1943 à 1944, le Lieutenant Lefèvre des Noettes, médecin consultant, qui dirigeait le dispensaire militaire attenant au Bordj Administratif (Annexe d’El-Oued), organisa cette infirmerie et la transforma en un petit hôpital. Le nouvel établissement était équipé d’une salle d’opérations, d’une radiographie, et doté d’une salle d’admission de cinquante lits. Son successeur, un médecin-capitaine, était secondé dans sa charge par une sage femme, quatre sœurs blanches et onze infirmiers et infirmières autochtones qui ont été recrutés et formés par Mr Lefèvre. Quelques années plus tard, l’hôpital disposera d’une salle de consultation, d’une gynécologie et d’une salle d’opération équipée d’un scialytique électrique alimenté en énergie par un groupe. Il fut renforcé, en outre, de deux  salles d’hospitalisation pour hommes et pour femmes, ainsi que d’une pharmacie. Pendant cette période, les moyens de communications était très limités, et les médecins militaires se rendaient à dos de chameau dans les coins les plus reculés pour examiner et soigner les populations isolées.

   Alors qu’un projet pour la construction d’un autre grand hôpital avait été confié à l’architecte Fraisier, la direction de l’ancien hôpital est passée sous la responsabilité d’un jeune médecin  qui venait de terminer un stage de formation médico-sociale à l’hôpital civil de Sétif. C’est Mr Antoine H. qui, arrivé à El-Oued en 1955, devait cumuler les multiples charges de Chef de l’Assistance Médico-Sociale d’El-Oued, Médecin de la Compagnie Méhariste de l’Erg Oriental, Médecin Scolaire du Souf et Médecin des Chemins de Fer Algériens. Ce n’est que quelques mois plus tard qu’un autre médecin devait venir lui prêter main-forte. Médecin Chef de l’hôpital, Mr Antoine était secondé dans sa tâche par quatre sœurs blanches diplômées et plusieurs infirmiers et infirmières encadrés par deux employés compétents et expérimentés de l’établissement, MM Nadjah Abdelhamid et Hoggui Ahmed dit « Bedda Babahoum ». En tant que Médecin Scolaire du Souf, il fit de fréquents déplacements dans les différents villages, accompagné de Melle Auget, Assistante Sociale de Santé Scolaire. Quant à sa fonction en qualité de Médecin des C.F.A, la charge était minime étant donné le nombre très réduit des personnes à traiter.

 El_Oued___Nouvel_h_pital_construit__ann_es_50Le nouvel hôpital d’El-Oued a été inauguré le 6 novembre 1959 par Jacques Soustelle alors Ministre Délégué auprès du Premier Ministre Chargé des Affaires Sahariennes, et ancien Gouverneur Général de l’Algérie (1955). Cet établissement était composé de plusieurs services, à savoir : Médecine Générale – Phtisiologie – Pédiatrie – Maternité – Laboratoire – Pharmacie – Salle d’opérations - Salles d’Admissions d’une capacité de 150 lits pour hommes et femmes. Le personnel soignant était composé de médecins généralistes, de médecins spécialistes, de sœurs blanches diplômées, d‘infirmiers et infirmières toujours sous le regard attentif des deux vétérans: MM Nadjah Abdelhamid et Bedda Babahoum.On compte aussi parmi les infirmières, deux filles juives autochtones d’El-Oued. Par ailleurs, il convient de noter qu’un nombre impressionnant de jeunes bénévoles, viennent appuyer le personnel de l’hôpital pour le seul plaisir d’apprendre à secourir, notamment durant les vacances scolaires. 

 L’œuvre accomplie par les autorités coloniales dans le domaine de la Santé Publique est immense. Les médecins français ont sauvé d’innombrables vies humaines. La vaccination a enrayé les épidémies de variole, de fièvre typhoïde et de typhus. Les antibiotiques ont fait régresser les maladies inflammatoires ou  les infections graves. La mortalité infantile a considérablement diminué et le nombre de médecins et d’infirmiers ne cessait de croitre.

   Plus de cinquante pour cent de la population totale bénéficiait de l’assistance sociale et des consultations gratuites. Par ailleurs, le niveau de vie de la population a été amélioré par de nouvelles conditions de nutrition et d’habitat.

 


Documents:

Epidémie de typhus exanthématique : janvier 1942

   En janvier 1942, la section d’hygiène du Secrétariat de la Société des Nations signale une épidémie de typhus exanthématique avec 1216 cas (dont 72 européens) en Algérie. – El-Oued : 41 cas.