Les Pistes

   Avant l’arrivée des troupes françaises, les voyageurs se déplaçaient de Biskra à El-Oued  à dos de  dromadaire ou de cheval. Après l’occupation, le Génie militaire fit jalonner cet  itinéraire de  puits et de  bordjs qui marquent encore les étapes de ce long trajet.

   Grâce au constant entretien des tronçons empierrés et à leur amélioration, la piste fut praticable aux véhicules les plus lourds et bientôt un service de cars fonctionna régulièrement entre  Biskra et El-Oued.

 Transports

  Les autorités françaises, soucieuses de développer les moyens de communication, firent étudier des tracés adaptés aux véhicules et aménagèrent les passages les plus difficiles, particulièrement à travers les chotts et les massifs dunaires.


La marche vers la modernité devenait irrésistible


 Un chemin de fer dans le Souf et une gare à El-Oued en 1946-1954 ; rêve ou réalité?

    Aux débuts des années 40, l'Administration française fit des études pour l’établissement d’une voie ferrée entre El-Oued et Biskra rendue possible moyennant un transbordement au niveau de Still, et un autre à Biskra (145 et 220 km d’El-Oued). Cette ligne à écartement de 0,60m, facile à établir, permettait de favoriser les échanges économiques dans la région. Dès février 1946, les travaux avaient commencé pour être achevés dans un délai record fin octobre 1946. Des terrassements pour la plupart ont été effectués mécaniquement (bulldozers, scrapers, etc…) et 150.000 mètres linéaires de voies, posées le plus souvent par éléments montés à l’avance sur le sol aplani. La voie disposait d’un matériel spécial avec petites locomotives Diesel. Cette liaison a beaucoup soulagé la piste et surtout a permis d’assurer un acheminement beaucoup plus régulier des marchandises, ce qui est très important pour les dattes, denrée périssable et soumise à des fluctuations de prix suivant l’époque.

 En 1948 le trafic ferroviaire se résume comme suit:

 Dans le sens Still - El-Oued : 8.300 tonnes dont 6.000 tonnes de céréales, 800 tonnes de denrées alimentaires diverses, 600 tonnes de matériel, et 900 tonnes de divers. La plus grande partie de ce trafic s’effectuait d’octobre à mars, correspondant à la campagne des céréales.

Dans le sens El-Oued – Still : 4.500 tonnes dont 4.400 tonnes de dattes. Le plus gros de ce trafic s’effectuait dans les 4 mois de novembre, décembre, janvier et février correspondant à la campagne des dattes.

   Ainsi le trafic consistait en un échange de dattes contre des céréales et des produits manufacturés divers.

   Malheureusement cette ligne qui n’a pas pu tenir longtemps, concurrencée par les transporteurs routiers privés et l’aviation, a été supprimée en 1954.Voie_ferr_e

 

Liaisons aériennes

   Dès le mois de mars 1912, et l’aviation n’était qu’à ses balbutiements (seulement trois ans après la traversée historique de la Manche par Blériot, et neuf ans après le premier vol d’un engin motorisé plus lourd que l’air effectué par les frères Wright, Wilbur et Orville ), un appareil Farman piloté par deux officiers de l’Armée française avait réussi à braver le désert en effectuant le premier vol entre Biskra et Touggourt en pleine tempête de sable. Le premier crash saharien eut lieu pendant la première guerre mondiale dans l’Erg Oriental lorsque le colonel Leboeuf et le lieutenant De Chatenay,  revenant de Ghadamès à bord d’un avion, périrent de soif, l’appareil ayant du atterrir en catastrophe sur les dunes.

   Construit en 1953-1956, l’aérodrome de Guémar (16 km au Nord d’El-Oued), a été agrandi et modernisé pour être capable d’accueillir les appareils de voyageurs ou de gros tonnage. En 1961, le nombre de voyageurs (touristes notamment) et de fret augmentant sans cesse, les DC3 et DC4 assuraient quotidiennement la liaison Alger-Biskra-El-Oued-Touggourt. Dans l'aérodrome est installée une station météorologique permanente dont les émissions radio sont précieuses pour la navigation aérienne.

   L’avion fut aussi utilisé quasi journellement par les militaires pour des missions de reconnaissance et de surveillance pendant la guerre pour l’indépendance, mais surtout pour les levers aériens qui s’accompagnaient de prospections et permettaient l’établissement de cartes, base indispensable de tout sondage pétrolifère.

   

    

 La centrale électrique fournit le courant aux usagers depuis le 25 décembre 1947.


 

Les P.T.T.

  La recette d'El-Oued a été ouverte peu après l'arrivée des Français. L'agence de Guémar date de 1909, celle de Kouinine de 1924. En 1947, des bureaux neufs sont ouverts à Béhima, Magrane et Z'Goum, celui de Reguiba en 1948.

  Une ligne téléphonique relie El-Oued à Djamaa. En 1928 a été posée la ligne qui, par Néfta et Tozeur, fait la liaison avec la Tunisie. En 1946 est inaugurée la cabine téléphonique de Hassi-Khalifa. En 1947, les cabines de Débila, Réguiba et sidi-Aoune sont ouvertes, en 1948 celles d'Ourmès et de Bayada.

- La création en 1942 de la Coopérative des Tabacs du Souf.
- La création en
1947 du haras camelin.
- La création en 1947
de la Section Artisanale de la S.I.P qui chargée de développer la production des tapis tissés par des artisans formés au C.E.T d’El-Oued, et des tissages de laine par les filles au Centre de Formation Artisanale et Ménagère des Soeurs Blanches.

Prospections du sol:

    La découverte de gaz naturel en 1954 à In-Salah et de pétrole à Hassi-Messaoud et  à Hassi-R’Mel a révélé que de nombreux autres indices d’hydrocarbures existent dans plusieurs autres régions du Sahara, y compris dans le Souf. D’où la multiplication des prospections sismographiques autour d’El-Oued et ses environs dans les années 50. On enregistrait la propagation dans le sol d’ondes sismiques engendrées par une charge détonante (explosif). Aussi, les fortes secousses provoquées par ses essais dans une région ordinairement tranquille avaient fait plus de peur que de mal en pleine guerre de libération nationale.