Les tentatives de résistance des tribus et de leurs chefs


Les officiers des bureaux arabes consignèrent dans leurs rapports les  velléités de résistance des Chefs Traditionnels locaux, tenus pour suspects ou condamnés :

 

   M « Ce genre de condamnation permit d’affaiblir le soff des Bou Akkas, qui se voit déposséder de ses leaders actifs. D’autant que ses principaux chefs de guerre traditionnels avaient déjà été conduits dans d’autres départements d’Algérie. Il s’agit de Si Ali Bey Ben Ferhat, l’ex-Caïd de l’Oued-Rhir et du Souf qui a été officiellement destitué de sa fonction traditionnelle au sein du soff et administré à Alger. Les frères Ben Chenouf, anciens caïds du Zab Chergui et des versants méridionaux de l’Aurès, furent mutés à Constantine et placés sous surveillance. Les causes de cette mutation peuvent provenir d’une suspicion déjà antérieure à 1875, provenant d’un fait historique visant à écarter de la scène politique les véritables chefs de la résistance coloniale, dont le Caîd Bouakkas, avant sa mutation à Constantine.

 

  goumiers_vers_1905 «  Les spahis ou les goumiers sont des guerriers d’honneur et fidèles à leur ordre confrérique. Ils peuvent combattre pour un chef qui leur demande de conquérir un lieu. La condition est que le lieu soit une reprise justifiée dans le droit religieux ou le droit foncier ancien arabo-berbère : la reprise de Touggourt au Cherif Bouchoucha par le Caïd Bou Akkas démontre en cela que les tribus sont reconnues comme des élites guerrières. »

 

  goumiers_vers_1905_ « Plus révélateur est le ralliement des tribus insoumises appartenant officiellement au soff  Bou Akkas  mais opposées à leurs sympathies et à leurs alliances traditionnelles. Il s’agit en premier lieu des Ouled Amor (Caïdat du Zab Chergui), des Ghamra (Caïdat des Arab Cheragas), des Guemar, Behima, Débila, El-Oued et les sous-branches sont les Ouled Harkat, Ouled Rahma, Ouled Rabah, Ouled Khaled, Ouled Amor, Ouled Slimane, Ouled Nacer(Caïdat Ouled Zekri).

 

 

   Pour conclure, « ils ont combattu contre le pouvoir colonial en place qui mena sa conquête que l’on qualifie de nouvelle croisade coloniale. La substitution du régime civil au régime militaire avait pour conséquence l’amoindrissement des chefs traditionnels. Malgré l’aman qu’ils ont demandé et le dévouement des spahis pour la défense de la France dans ses guerres contre l’Allemagne, ces derniers médaillés de la légion d’honneur ont été jugés aux tribunaux de guerre, comme belligérants vaincus et leurs tribus d’appartenance furent contraintes à payer une amende. »